SE BATTRE
Le documentaire Se battre a été tourné, en grande partie, au Secours populaire de Givors (Rhône) et met l'accent sur la volonté, l'énergie et la lucidité des ''laissés-pour-compte''. Ancien ouvrier chez Peugeot, aujourd’hui ingénieur du son renommé (il vient de recevoir un César pour Michael Kohlhaas, Jean-Pierre Duret a réalisé ce film avec l’auteure brésilienne Andrea Santana.
« En France, pour 13 millions de personnes, la vie se joue chaque mois à 50 euros près, parfois moins, sans que la plupart de nos concitoyens n'en ait conscience. Notre film a pour but de montrer le combat mené par ces hommes et ces femmes dont le quotidien est très précaire. Nous voulions exposer à la fois leurs rêves, leur rage de s'en sortir, leurs désirs de révolte. En contre-champ, le documentaire présente des bénévoles qui se battent pour faire advenir un monde plus juste.
(…) Ce n'est pas un film sur la précarité, sur la pauvreté, mais sur la manière dont les gens vivent ces dernières, dans la banalité du quotidien d'un boulot mal payé, du chômage, de la survie. Ce documentaire est fait pour qu'ils puissent s'exprimer, avec toute leur vitalité, leur détermination, leur culture de résistance et de solidarité, leur envie d'un monde meilleur. Nous sommes en train de vivre dans un pays qui accepte petit à petit que des gens possèdent, parfois de plus en plus, alors que d'autres n’ont rien. La société n'entend plus cette dernière catégorie de la population, ne la voit plus. Être pauvre aujourd'hui, c'est aussi devoir se cacher, se taire, et souvent vivre avec un sentiment de culpabilité lié à tous ces mots comme « assistés », « déclassés », « profiteurs », etc. » (…)
Jean-Pierre Duret (JPD)
Et au réalisateur de préciser : "L'idée n'était pas de pointer les stigmates de la pauvreté mais la richesse des gens pauvres. Leur parole est admirable."
Ce film, plein de noblesse, est en un mot une formidable leçon. Jacques Mandelbaum-Le Monde
On comprend pourquoi ce film, précieux et salutaire, a fait le plein lors des projections en avant-première. On en sort avec la rage et une idée fixe. Se battre. Pierre Duquesne-L'Humanité
Film essentiel centré sur l’essentiel – la considération de l’autre, fût-il dans le dénuement – Se battre offre d’inoubliables rencontres, filmées à très juste distance. Ce beau film, tout en délicatesse et respect de la personne humaine, ne vient rien dérober mais accueille une parole impressionnante de noblesse et de retenue. Arnaud Schwartz-La Croix
Jean Pierre DURET
Nés de parents agriculteurs et originaire de Savoie, Jean-Pierre Duret travaille dans leur exploitation jusqu'à l'âge de vingt ans. Il devient alors preneur de son pour le cinéma puis ingénieur du son sur de nombreux films français : Docteur Petiot (1989), Van Gogh (1990), Un héros très discret (1995), Place Vendôme (1997), Le Goût des autres (1999), Merci pour le chocolat (2000) ou encore L' Adversaire (2002). En 2014 il obtient le César du Meilleur son pour le film Michael Kohlhaas
En 2002, Jean-Pierre Duret met en scène, en collaboration avec la Brésilienne Andréa Santana, Romances de terre et d'eau, un documentaire sur des paysans du Sertao au Brésil.
